Politique

Sénégal : continuité de l’Agenda Sénégal 2050 et critiques sur le coût de la vie à l’Assemblée

Une déclaration de politique générale a mis en avant le maintien du cap stratégique, tandis que des députés ont dénoncé la situation économique et sociale.

La déclaration de politique générale présentée devant l’Assemblée nationale a placé au centre des échanges la continuité de la vision stratégique du Sénégal et les préoccupations immédiates liées aux conditions de vie. Le débat a notamment porté sur le référentiel national de transformation systémique Sénégal 2050, la méthode de pilotage de l’action publique, le coût des produits de première nécessité, l’emploi et la situation des entreprises.

Le chef du gouvernement a affirmé ne pas vouloir remettre en cause les orientations d’un « Sénégal souverain, juste et prospère », ancré dans des valeurs fortes. Il a annoncé le maintien du cap, tout en défendant un changement de méthode inspiré de son expérience professionnelle.

Le maintien revendiqué du référentiel Sénégal 2050

Le référentiel national de transformation systémique Sénégal 2050 est présenté comme le socle de la déclaration de politique générale. Cette vision est décrite comme ayant été inspirée du programme électoral « Diomaye Président », avant d’être traduite en référentiel sous l’autorité du chef de l’État.

L’intervenant a rappelé avoir participé à plusieurs étapes de sa préparation et de son déploiement. Il a indiqué avoir coordonné l’équipe chargée de la traduction du programme en référentiel, puis supervisé, avec l’équipe technique de la primature, le démarrage de sa déclinaison en masterplan.

Il a également déclaré avoir assuré la finalisation de ce masterplan et la structuration du pilotage stratégique du référentiel lorsqu’il était ministre d’État auprès du chef de l’État, en charge de l’Agenda Sénégal 2050. Dans cette continuité, il a insisté sur l’absence de volonté de revoir les orientations déjà retenues.

Le message politique est donc celui d’une continuité stratégique. Le changement annoncé concerne avant tout la manière d’appliquer la vision, et non ses objectifs déclarés. Cette méthode est présentée comme fondée sur la rigueur, le travail et le dévouement au service de l’intérêt général.

Un rappel du parcours au sein de l’exécutif

Le chef du gouvernement a évoqué son entrée au sein de l’exécutif à l’occasion de la prestation de serment du cinquième président de la République du Sénégal, le 2 avril 2024. Il occupait alors le poste de secrétaire général de la Banque centrale, fonction qu’il a décrite comme un poste important dans la hiérarchie de l’institution.

Il a ensuite indiqué avoir exercé comme ministre, secrétaire général du gouvernement, d’avril 2024 à avril 2025. À cette période, il dit avoir travaillé aux côtés du Premier ministre sur les premiers chantiers liés au référentiel Sénégal 2050.

Dans son intervention, il s’est aussi adressé à Ousmane Sonko, en rappelant leur collaboration et l’idée qu’il devait jouer un rôle de lien entre la présidence et la primature pour les questions relatives à l’Agenda Sénégal 2050. Il a affirmé rester attaché à la confiance placée en lui, tout en soulignant que sa priorité demeurait le peuple sénégalais et ses intérêts.

Les institutions et la continuité de l’État mises en avant

La séance a également été marquée par une défense du rôle des institutions. Le fait qu’un chef de gouvernement se présente devant une assemblée présidée par une personnalité ayant exercé auparavant à ses côtés a été présenté comme une illustration du fonctionnement démocratique.

L’idée développée est que les institutions doivent primer sur les dirigeants et que l’État doit continuer à avancer malgré les changements de fonctions ou de responsabilités. L’intervenant a salué les anciens responsables présents dans la salle, en estimant qu’il est possible de débattre de leurs décisions sans nier la continuité du pays et de ses institutions.

Il a toutefois appelé à ne pas faire du passé un sujet de confrontation permanente. L’examen des erreurs et des manquements peut, selon lui, être utile s’il permet d’éviter leur répétition. Cette approche repose sur une double responsabilité pour chaque génération de dirigeants : consolider ce qui fonctionne et réparer ce qui menace de céder, tout en adaptant l’action publique aux défis du moment.

Des critiques virulentes sur le niveau de vie et l’économie

Le débat parlementaire a aussi donné lieu à de fortes critiques contre l’action gouvernementale. Un député a estimé que la principale inquiétude des Sénégalais concernait leur capacité à se nourrir le lendemain. Il a mis en cause la hausse du prix du riz, de l’huile, du pain et des loyers.

Selon cette intervention, le gouvernement manquerait de réponse face à la cherté de la vie. Le député a reproché à l’exécutif de privilégier les slogans et les prises de parole médiatiques plutôt qu’une orientation économique concrète. Il a demandé où se trouvait la vision économique susceptible de répondre aux difficultés évoquées.

Les critiques ont également porté sur les petites et moyennes entreprises, l’emploi des jeunes et le climat pour les investisseurs. Le député a affirmé que des PME ferment, que des jeunes perdent espoir et que l’incertitude éloigne des investisseurs. Ces déclarations relèvent de son appréciation politique de la situation économique.

Sur le plan social, il a évoqué une montée de la colère, de la méfiance et des divisions. Il a accusé les responsables du régime de se consacrer à la structuration de leurs formations politiques plutôt qu’aux difficultés rencontrées par les citoyens.

Emploi, prix et services publics au cœur des interpellations

Le député a interrogé le gouvernement sur sa capacité à faire baisser les prix, créer des emplois, améliorer l’accès aux soins, à l’éducation et à la sécurité. Il a illustré son propos en évoquant des mères qui auraient des difficultés à nourrir leurs enfants, des jeunes diplômés contraints de vendre des sachets d’eau et des chefs d’entreprise fermant leurs activités.

Ces propos témoignent d’un affrontement politique autour des priorités de l’exécutif. D’un côté, la déclaration de politique générale insiste sur la continuité du cadre Sénégal 2050 et sur une nouvelle méthode de mise en œuvre. De l’autre, des élus demandent des mesures perceptibles face à la vie chère, au chômage et aux difficultés économiques.

Une demande de clarification sur des dépenses liées à l’aviation

En fin d’intervention, le député a également soulevé des interrogations concernant plusieurs éléments liés à des avions, à des compagnies aériennes et à des périodes mentionnées entre 2007 et 2027. La formulation de cette séquence ne permet pas d’établir précisément la nature des dépenses, contrats ou opérations visés.

L’élu a toutefois demandé que le peuple sénégalais soit informé et a évoqué des soupçons de détournement. Aucune réponse détaillée à ces accusations ni aucun élément permettant de les vérifier ne figurent dans les informations disponibles ici.

FAQ

Quel est le principal axe de la déclaration de politique générale ?

Le principal axe est le maintien des orientations du référentiel national de transformation systémique Sénégal 2050, avec un changement annoncé dans la méthode de mise en œuvre.

Quelles critiques ont été formulées à l’Assemblée nationale ?

Des critiques ont porté sur le coût du riz, de l’huile, du pain et des loyers, ainsi que sur l’emploi des jeunes, les PME, les investisseurs, les services publics et la sécurité.

Quelle place est donnée aux institutions dans le débat ?

La séance a mis en avant l’idée que les institutions doivent primer sur les personnes et assurer la continuité de l’État, même lorsque les responsables politiques changent de fonction.

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