Ibrahim Traoré annonce un durcissement contre les prêches extrémistes au Burkina Faso

Le chef de l’État burkinabè dit vouloir suspendre les prêches jugés extrémistes, renforcer le contrôle des départs à l’étranger et financer les formations religieuses.
Ibrahim Traoré a annoncé une ligne ferme contre les discours religieux qu’il qualifie d’extrémistes au Burkina Faso. Dans cette prise de parole, il affirme que les autorités ont déjà fait suspendre certains prêches et qu’elles continueront à le faire si des intervenants tiennent, selon lui, des propos favorisant l’extrémisme.
Le chef de l’État burkinabè distingue ces discours des messages portés par des responsables religieux qu’il décrit comme « valeureux », « dignes » et patriotes. Il les félicite pour leurs actions de sensibilisation, tout en appelant les autres acteurs religieux à se démarquer des positions radicales.
Une mise en garde contre les discours extrémistes
Au cœur de son intervention, Ibrahim Traoré s’en prend à une lecture de l’islam qu’il associe à l’intolérance, à l’exclusion et à la violence. Il rejette notamment l’idée qu’une personne puisse être visée ou tuée en raison de sa croyance ou de son identité.
Il demande aux personnes qui défendent ce type de positions de « se ressaisir ». À défaut, il annonce que le combat contre l’extrémisme se poursuivra. Son propos ne vise pas l’ensemble des musulmans : il adresse au contraire ses félicitations aux imams qui, selon lui, prêchent une parole de paix et contribuent à éveiller les consciences.
Le dirigeant burkinabè affirme que la suspension de prêches constitue un levier déjà utilisé par les autorités. Il prévient que cette mesure pourra être prolongée si de nouveaux propos jugés problématiques sont tenus. La transcription ne précise ni le nombre de prêches concernés, ni les critères juridiques de ces suspensions, ni les personnes visées.
Des inquiétudes exprimées sur des formations religieuses à l’étranger
Ibrahim Traoré évoque également le cas de jeunes Burkinabè présents dans certains pays arabes. Il affirme qu’un recensement est en cours et indique avoir vu des statistiques faisant état de plus de 800 personnes, puis de plus d’un millier de jeunes concernés.
Selon ses déclarations, certaines ambassades burkinabè dans les pays concernés ne seraient pas informées de la présence de ces jeunes, de leurs départs ou de leurs activités. Il soutient que les personnes recensées étudieraient la charia, les lois islamiques et la jurisprudence islamique, sans apprendre de métier. Ces éléments sont présentés par Ibrahim Traoré et ne sont pas étayés par des documents dans la transcription.
Le chef de l’État dit craindre que ces formations conduisent certains participants à vouloir appliquer la charia au Burkina Faso. Il annonce son intention de faire revenir ces jeunes et déclare que ceux qui ne reviendraient pas ne seraient plus considérés comme Burkinabè. La prise de parole ne détaille pas les modalités concrètes, le cadre légal ou le calendrier d’une telle mesure.
Vers un financement national des formations religieuses
Pour répondre à ce qu’il présente comme une vulnérabilité liée aux financements extérieurs, Ibrahim Traoré avance l’idée d’un soutien public aux formations religieuses. Il estime que l’argent joue un rôle dans l’attraction de certaines structures ou parcours de formation à l’étranger.
Il déclare que l’État cherchera une formule de financement pour différentes communautés et sensibilités religieuses : jeunes catholiques, protestants, traditionnalistes et autres croyants. Son objectif affiché est de réduire la dépendance à des financements venus de l’extérieur et de permettre une formation locale.
Dans son intervention, il interpelle aussi les imams burkinabè sur leur capacité à former les jeunes au sein du pays. Cette orientation est formulée comme une réponse au risque d’endoctrinement qu’il associe à des séjours de plusieurs années à l’étranger. Aucun dispositif opérationnel, budget ni échéance n’est précisé dans la séquence retranscrite.
Un discours inscrit dans une vision plus large de souveraineté
Au-delà de la question religieuse, Ibrahim Traoré relie l’extrémisme à ce qu’il appelle l’« impérialisme ». Il affirme que ce phénomène peut prendre différentes formes et appelle les Burkinabè, ainsi que les Africains plus largement, à l’identifier et à le combattre.
Il inscrit cette réflexion dans un discours sur la cohésion nationale et la protection des populations. Il affirme se préoccuper de la situation des enfants dans les zones les plus éloignées du Burkina Faso, notamment de leur sommeil et de leur accès à l’alimentation. Ces propos relèvent de la position personnelle qu’il exprime durant son allocution.
Le président développe ensuite un appel à la production locale et à la réflexion technologique. Il évoque la transformation du coton, l’utilisation de l’argile, du fer, de l’acier et du pétrole, ainsi que la nécessité de créer des universités et de développer des technologies. Il regrette ce qu’il décrit comme une dépendance aux produits importés et appelle à davantage fabriquer et transformer sur le continent.
Cette partie de son discours prolonge son message principal : pour Ibrahim Traoré, la lutte contre l’extrémisme passe aussi par l’autonomie intellectuelle, économique et éducative. La transcription ne contient toutefois pas de mesures détaillées concernant les projets industriels, universitaires ou énergétiques qu’il mentionne.
Ce qu’il faut retenir
Ibrahim Traoré annonce la poursuite d’une politique de fermeté à l’encontre des prêches que les autorités jugent extrémistes. Il dit soutenir les imams dont les discours appellent à la paix, tout en affirmant que les intervenants radicalisés seront combattus et, le cas échéant, empêchés de prêcher.
Il évoque par ailleurs un recensement de jeunes Burkinabè suivant des formations religieuses dans certains pays arabes, annonce vouloir les faire revenir et propose un financement national des formations religieuses. Les chiffres, les constats sur les parcours de formation et les intentions annoncées sont ceux qu’il présente dans cette intervention ; la séquence ne fournit pas d’éléments complémentaires permettant de les vérifier ou d’en préciser l’application.
Questions fréquentes
Qu’annonce Ibrahim Traoré au sujet des prêches extrémistes ?
Il affirme que les suspensions de prêches déjà engagées se poursuivront lorsque les autorités considéreront que des discours relèvent de l’extrémisme.
Que dit-il des jeunes Burkinabè en formation à l’étranger ?
Il évoque un recensement de jeunes présents dans certains pays arabes et affirme que beaucoup y étudieraient des matières religieuses. Il dit vouloir les faire revenir au Burkina Faso, sans détailler les modalités de cette démarche.
Quel financement religieux envisage-t-il ?
Il annonce vouloir trouver une formule de financement national pour les formations de plusieurs communautés religieuses et traditionnalistes, afin de limiter l’influence qu’il attribue aux financements extérieurs.
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