Ibrahim Traoré appelle à combattre l’extrémisme religieux au Burkina Faso

Dans des propos relayés en vidéo, le président burkinabè insiste sur la lutte contre le fanatisme, le contrôle de certains prêches et la formation des jeunes.
Dans une séquence relayée par une vidéo YouTube, des propos attribués au président burkinabè Ibrahim Traoré portent sur l’extrémisme religieux, les discours de haine et la cohésion entre les citoyens. Le message présenté dans la vidéo ne vise pas une religion dans son ensemble : il appelle plutôt à combattre les dérives fanatiques, qu’elles soient revendiquées par des musulmans, des chrétiens ou d’autres croyants.
La vidéo insiste également sur la volonté d’encadrer certains prêches jugés extrémistes, de surveiller les parcours de formation à l’étranger et de donner davantage de place à l’éducation, à la technologie et à la production locale. Les éléments ci-dessous reprennent uniquement les propos et affirmations rapportés dans cette transcription.
Un appel contre le fanatisme, et non contre une religion
Le point central du discours attribué à Ibrahim Traoré est la dénonciation de l’extrémisme. Il affirme que les croyances ne doivent pas servir à justifier la violence, le rejet ou l’incapacité à remettre en question certaines pratiques.
Dans l’extrait, il est notamment question de courants qui qualifient de manière péjorative des objets, des savoirs ou des outils produits hors de leur communauté religieuse. Le président burkinabè, tel qu’il est cité, dénonce une contradiction : utiliser des téléphones, des véhicules, des moyens de communication ou d’autres technologies tout en rejetant systématiquement ceux qui les ont conçus.
Cette critique vise, selon les propos relayés, une lecture rigide du monde qui opposerait les croyants aux autres et qui conduirait à refuser tout ce qui ne correspond pas à une vision religieuse stricte. Il est aussi rappelé qu’aucune communauté ne devrait imposer sa vision par la contrainte.
Une dénonciation qui concerne aussi les dérives chrétiennes
La séquence ne limite pas le sujet à l’islam. Ibrahim Traoré, dans les passages rapportés, évoque également des formes d’extrémisme chrétien. Il critique notamment les discours qui peuvent pousser des personnes à rompre avec leurs proches au motif qu’ils ne pratiqueraient pas la même foi ou ne fréquenteraient pas la même église.
La transcription fait référence à des situations où des parents seraient accusés de sorcellerie ou rejetés par leurs enfants sous l’influence de prêches. Ces exemples sont utilisés pour dénoncer le fanatisme religieux et les conséquences qu’il peut avoir dans les familles.
Le message attribué au président est donc présenté comme transversal : l’extrémisme ne serait pas propre à une seule religion. Il se manifesterait dès lors qu’une personne ou un groupe prétend détenir seul la vérité, refuse toute discussion et considère les autres comme des ennemis ou des personnes à exclure.
Des prêches suspendus selon les propos rapportés
La vidéo indique que certaines activités de prédication auraient été suspendues au Burkina Faso. Ibrahim Traoré y affirme, selon la transcription, que ces suspensions pourraient se poursuivre si des personnes tenaient des discours incitant à l’extrémisme.
Dans le même temps, il félicite des imams décrits comme « valeureux », « dignes » et « patriotes », qui continueraient à transmettre une parole religieuse tournée vers l’éveil des consciences. Cette distinction est importante dans le discours rapporté : les critiques ne visent pas les responsables religieux en général, mais ceux dont les propos seraient susceptibles de diviser ou de radicaliser.
Le commentateur de la vidéo évoque aussi des cas d’imams suspendus ou arrêtés, ainsi que des controverses autour d’un projet de loi relatif au contrôle de propos tenus dans les lieux de culte. Ces affirmations sont rapportées dans la vidéo, mais aucun document officiel ni élément de vérification indépendant n’est fourni dans la transcription.
La question des formations religieuses à l’étranger
Un autre volet du discours concerne des jeunes Burkinabè qui suivraient des formations dans certains pays arabes. Selon les propos relayés, les autorités auraient recensé plus de 800 personnes concernées, sans que les ambassades ne soient nécessairement informées de leur présence ou de leurs activités.
Le président, dans l’extrait, s’interroge sur le contenu de ces formations. Il affirme que les personnes mentionnées étudieraient la charia, les lois islamiques et la jurisprudence, sans apprendre de métier. La vidéo présente cela comme un risque si ces formations avaient pour objectif de ramener au Burkina Faso une volonté d’imposer des règles religieuses à l’ensemble de la société.
La transcription associe ensuite la charia à différentes sanctions citées par le commentateur : amputations pour vol, châtiments corporels, peines liées à l’adultère, à l’alcool ou au changement de religion. Ces descriptions sont formulées dans la vidéo comme des exemples de règles que ses auteurs ne souhaitent pas voir appliquées au Burkina Faso.
Ibrahim Traoré affirme, selon les propos rapportés, vouloir faire revenir ces jeunes et considérer que ceux qui refuseraient de revenir ne seraient plus burkinabè. Il insiste sur les besoins du pays en ingénieurs, en spécialistes des nouvelles technologies, en compétences liées à l’intelligence artificielle et au développement.
Financer toutes les jeunesses religieuses
Dans l’extrait, le président burkinabè évoque également la possibilité d’un financement national destiné aux jeunes de différentes confessions. Il cite les catholiques, les protestants, les musulmans et les traditionalistes.
L’objectif affiché serait de réduire l’influence de financements extérieurs susceptibles d’attirer des jeunes en situation de précarité. La vidéo soutient que la pauvreté peut rendre certaines personnes plus vulnérables aux financements et à l’endoctrinement. Le propos insiste donc sur la nécessité de trouver une formule de soutien interne, sans privilégier une confession.
Cette approche est présentée comme une réponse à la fois sociale et politique : soutenir les jeunes afin qu’ils ne deviennent pas dépendants de réseaux ou d’intérêts extérieurs, tout en maintenant la diversité religieuse du pays.
« Tous les humains » doivent être aimés
La séquence met particulièrement en avant une phrase attribuée à Ibrahim Traoré : tous les êtres humains créés par Dieu auraient le droit d’être aimés. Le discours insiste ici sur une vision inclusive, au-delà des appartenances religieuses.
Le président est également présenté comme affirmant que sa responsabilité concerne tous les enfants du Burkina Faso, notamment ceux qui vivent dans des zones éloignées ou qui ne disposent pas de nourriture. Dans cette logique, il refuse que les tensions religieuses détournent le pays de ses priorités collectives.
La vidéo relie enfin cette lutte contre le fanatisme à un discours plus large sur la souveraineté, l’impérialisme et la nécessité de produire localement. Ibrahim Traoré y appelle les jeunes à réfléchir, créer et développer des savoir-faire, plutôt qu’à se limiter à des oppositions idéologiques ou à une pratique religieuse déconnectée des besoins matériels du pays.
FAQ
Que reproche Ibrahim Traoré à l’extrémisme religieux ?
Dans les propos relayés, il reproche à l’extrémisme de favoriser le rejet, la violence, les divisions et l’abandon de la réflexion. Il précise que ces dérives peuvent exister dans plusieurs religions.
Le discours vise-t-il tous les musulmans ou tous les chrétiens ?
Non. La transcription distingue les croyants et responsables religieux qui prêchent la paix de ceux qui tiennent, selon les propos rapportés, des discours extrémistes ou incitant à exclure les autres.
Quelle priorité est mise en avant pour les jeunes Burkinabè ?
Le discours appelle à orienter davantage les jeunes vers les études, les technologies, l’ingénierie, la réflexion et la production, afin de répondre aux besoins de développement du Burkina Faso.



