Afrique

Une Congolaise affirme avoir été expulsée de son salon en Afrique du Sud

Nadine, entrepreneure originaire de RDC, raconte avoir subi des pressions pour abandonner son commerce à des Sud-Africains.

Une entrepreneure congolaise prénommée Nadine affirme avoir été contrainte de faire face à des pressions visant son salon de coiffure en Afrique du Sud. Contrairement à une information initialement relayée, elle précise ne pas être mozambicaine, mais citoyenne de la République démocratique du Congo (RDC), originaire du Sud-Kivu.

Selon son récit, plusieurs personnes se sont présentées dans son établissement et lui ont demandé de laisser la place à des propriétaires sud-africains. Nadine affirme avoir refusé de remettre les clés de son commerce sans compensation pour les investissements réalisés. Elle dit finalement avoir préféré détruire elle-même les installations du salon plutôt que de les abandonner.

Un salon de coiffure construit avec des investissements personnels

Nadine explique avoir investi personnellement dans l’aménagement de son salon. Elle évoque notamment les équipements, les miroirs, le mobilier et l’ensemble des installations nécessaires à l’activité. Elle estime avoir dépensé plus de 120 000 rands pour créer et équiper le commerce, une somme qu’elle présente comme représentant environ 7 000 dollars.

Son activité ne reposait donc pas uniquement sur un local loué : elle y avait installé son matériel, développé son travail et employé des personnes. Elle affirme également avoir réglé le loyer du local peu avant les faits, à hauteur de 12 000 rands selon ses déclarations.

Cette situation est au cœur de son refus. Pour elle, céder les clés sans reconnaissance de ce qui avait été investi revenait à perdre à la fois son commerce, son matériel et les efforts consacrés à son activité.

Des demandes de départ attribuées à des personnes venues au salon

D’après Nadine, des personnes se seraient d’abord présentées un vendredi pour demander qui était propriétaire du salon. Après s’être identifiée comme la responsable de l’établissement, elle affirme avoir été informée que les étrangers ne seraient plus autorisés à posséder ce type de commerce dans le secteur concerné.

Elle rapporte que ces personnes auraient annoncé l’arrivée de nouveaux propriétaires sud-africains. Quelques jours plus tard, elles seraient revenues, alors que le salon accueillait déjà des clients, afin de réclamer les clés et de demander l’accès au local.

Dans son témoignage, Nadine indique avoir été interrogée sur son statut. Elle affirme avoir répondu qu’elle n’était pas une demandeuse d’asile illégale et qu’elle venait de RDC. Cette précision est importante, car elle distingue sa propre situation de la question des personnes en séjour irrégulier, souvent évoquée dans les débats relatifs aux étrangers en Afrique du Sud.

Elle soutient toutefois que, sur le terrain, certaines actions ou pressions peuvent viser des entrepreneurs étrangers au-delà de la seule question du statut administratif. Cette appréciation relève de son expérience et de son interprétation des faits qu’elle dit avoir vécus.

Une négociation autour d’une compensation

Une femme présentée comme susceptible de reprendre le salon aurait été amenée sur place. Nadine affirme lui avoir proposé de discuter directement, entre femmes, du prix qui pourrait permettre une transmission du commerce et de ses équipements.

Elle dit avoir d’abord évoqué les 120 000 rands investis, puis avoir indiqué qu’elle pouvait accepter 50 000 rands. Selon son récit, cette somme aurait permis de céder les installations, le matériel et même de faciliter la continuité de l’activité avec les employés déjà présents.

Nadine déclare avoir également envisagé de continuer à travailler sur place après la reprise, mais affirme qu’un homme présent aurait rejeté cette possibilité. D’après elle, il ne souhaitait pas seulement un changement de propriétaire : il aurait demandé qu’elle cesse elle-même de travailler dans le salon.

La personne qui devait reprendre l’établissement aurait alors indiqué qu’elle devait consulter l’homme qui l’avait accompagnée, ne sachant pas, selon Nadine, qu’une compensation financière serait demandée.

Une offre de 10 000 rands jugée insuffisante

Nadine rapporte qu’une offre maximale de 10 000 rands lui aurait ensuite été proposée. Elle la jugeait très inférieure à la valeur de ses investissements et au loyer qu’elle venait, selon ses propos, de payer.

Elle affirme avoir tenté de réduire encore ses exigences, proposant finalement 40 000 rands. Mais elle dit que les pressions se sont poursuivies et que les personnes présentes refusaient toute négociation. Elle raconte avoir été sommée de donner les clés et de quitter les lieux.

Son témoignage décrit également une tentative de faire entrer des clients et des employés sous l’autorité du nouveau propriétaire envisagé. Pour elle, une telle situation était inacceptable puisque le mobilier, les outils et les installations avaient été financés par son propre travail.

Le choix de détruire les installations avant de partir

Face à l’impasse, Nadine affirme avoir refusé de remettre le salon dans l’état où elle l’avait construit. Les images associées à son histoire montrent un établissement fortement dégradé et fermé après son départ.

Son geste a suscité des réactions contrastées. Certains y voient l’expression d’un refus de se laisser déposséder d’un investissement sans accord financier. D’autres peuvent s’interroger sur les circonstances exactes, les responsabilités des personnes impliquées et les recours qui auraient pu être envisagés.

Un élément demeure central dans le récit : le salon n’a pas été repris comme une activité en fonctionnement par les personnes qui, selon Nadine, devaient venir y travailler. Après la destruction des installations et la fermeture du local, aucun travailleur n’y était présent.

Ce que cette affaire soulève

Le récit de Nadine met en lumière la vulnérabilité que peuvent ressentir des entrepreneurs étrangers lorsqu’ils font face à des pressions liées à leur nationalité supposée, réelle ou à leur statut migratoire. Il pose aussi la question de la protection concrète des investissements réalisés dans les petits commerces.

Les faits relatés ne permettent pas à eux seuls d’établir les motivations précises de toutes les personnes impliquées. Nadine s’interroge notamment sur le fait de savoir si l’objectif était réellement de remplacer une entrepreneure étrangère par des travailleurs sud-africains, ou si d’autres motifs étaient en jeu.

Son témoignage rappelle surtout que la question ne concerne pas seulement l’accès à un local commercial. Elle touche aussi à la sécurité, au droit de travailler, à la reconnaissance des investissements et à la possibilité de défendre son activité face à des pressions collectives.

FAQ

Qui est Nadine ?

Nadine se présente comme une entrepreneure congolaise originaire du Sud-Kivu, en République démocratique du Congo. Elle affirme vivre et travailler en Afrique du Sud.

Pourquoi son salon de coiffure a-t-il été détruit ?

Selon son témoignage, Nadine aurait choisi de détruire les installations de son salon après avoir refusé de les céder sans compensation à des personnes qui demandaient qu’elle quitte les lieux.

Nadine affirme-t-elle être en situation irrégulière ?

Non. Dans son récit, elle affirme ne pas être une demandeuse d’asile illégale et indique être originaire de RDC.

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