Haïti : des membres de gangs tués, quatre Salvadoriens toujours recherchés

Les autorités salvadoriennes contestent l’identification de quatre corps et poursuivent les recherches, tandis qu’un chef de gang se dit prêt à coopérer.
La situation demeure incertaine autour de quatre membres du personnel salvadorien disparus en Haïti après une embuscade attribuée à des gangs. Plusieurs membres de gangs auraient par ailleurs été tués lors d’une opération menée par des forces spéciales salvadoriennes. Les autorités du Salvador affirment poursuivre leurs recherches et contestent l’identification de quatre corps qui leur ont été présentés.
Dans ce contexte, Wilson Joseph, présenté comme le dirigeant du gang 400 Mawozo, a déclaré qu’il était prêt à coopérer avec le président salvadorien Nayib Bukele. Il soutient que son groupe n’est pas responsable de l’attaque contre les Salvadoriens et accuse un autre groupe, désigné comme « Chien Méchant » ou « Shan Méchant », d’être impliqué.
Une embuscade suivie de la disparition de quatre Salvadoriens
D’après les éléments rapportés, les quatre Salvadoriens se seraient rendus dans un supermarché pour effectuer des achats. À leur sortie, leur véhicule blindé aurait été pris dans une embuscade. Des assaillants auraient utilisé des armes automatiques ainsi que des explosifs contre le véhicule.
L’un des hommes, âgé de 23 ans selon les informations disponibles, aurait pu envoyer un message vidéo à sa famille pendant l’attaque. Il y indiquait que son groupe était pris pour cible et demandait de l’aide.
Plusieurs récits indiquent que les occupants seraient sortis du véhicule blindé avant de disparaître. Lorsque des forces venues enquêter sont arrivées sur place, elles n’auraient retrouvé aucune trace des quatre personnes. Cette absence d’éléments a conduit à l’hypothèse d’un enlèvement.
Par la suite, quatre dépouilles ont été présentées comme étant celles des Salvadoriens disparus. L’État salvadorien a toutefois rejeté cette identification après examen. Selon sa position, les corps ne correspondraient pas aux personnes recherchées : l’un serait celui d’un enfant et un autre ne correspondrait pas à la morphologie enregistrée des membres de l’armée salvadorienne concernés.
Les autorités salvadoriennes considèrent donc que les quatre personnes pourraient toujours être vivantes et détenues en otage. Elles ont annoncé leur intention de mobiliser tous les moyens nécessaires pour les retrouver.
Wilson Joseph nie l’implication de 400 Mawozo
Wilson Joseph affirme ne pas avoir eu connaissance de la présence des Salvadoriens avant leur disparition. Il a également déclaré regretter leur mort, tout en soutenant qu’ils ne seraient pas morts mais bien détenus, selon les versions contradictoires qui circulent.
Le chef de 400 Mawozo insiste sur le fait que les membres de son groupe ne seraient pas les auteurs de l’attaque. Il attribue la responsabilité à des membres du gang Chien Méchant, avec lequel son groupe travaillerait néanmoins dans certains cadres communs.
Il a affirmé que, s’il avait su que les personnes concernées étaient salvadoriennes, il aurait cherché à négocier avec Nayib Bukele afin de préserver leur vie. Cette déclaration peut être comprise comme une tentative de se dissocier de l’attaque et d’éviter que les opérations salvadoriennes ne visent son propre groupe.
La position du Salvador reste opposée à l’idée que les quatre disparus seraient déjà morts. Les autorités continuent de les considérer comme des otages potentiels, malgré la présentation des quatre corps rejetés comme non identifiés.
Des gangs regroupés sous l’appellation « Vivre Ensemble »
Haïti est décrit comme étant sous l’influence de plusieurs groupes armés, parmi lesquels 400 Mawozo, Chien Méchant et le groupe dirigé par Chérizier. Ces organisations auraient décidé de constituer un front commun appelé « Vivre Ensemble ».
Ce regroupement repose sur l’existence d’adversaires communs, sans pour autant effacer l’autonomie de chaque chef et de chaque zone d’influence. Les groupes conserveraient ainsi leurs propres responsabilités et leurs propres structures, même lorsqu’ils agissent dans un cadre d’alliance.
Les discours attribués à certains dirigeants de gangs présentent leur action comme une défense de la population haïtienne face à des élites économiques accusées de contrôler des secteurs essentiels. Ils affirment agir au nom de personnes confrontées à la pauvreté et à la peur.
Cette lecture est cependant contestée par une partie de la population. Des critiques soulignent que ces chefs de groupes armés n’ont pas été élus et que leur contrôle s’est accompagné de violences. Les perceptions des gangs restent donc profondément divisées : certains leur prêtent un discours de rupture, tandis que d’autres dénoncent leurs méthodes et leur emprise sur des territoires.
Des accusations de violences et une situation sécuritaire complexe
Le contexte est également marqué par des accusations de violences graves visant des personnes associées à des gangs. Un cas relayé concerne une jeune femme connue sous le nom de Baby Love, qui aurait été agressée après la diffusion en ligne d’images montrant une personnalité appelée Nice B et des hommes présentés comme des membres de gangs.
Selon le récit disponible, la jeune femme aurait transmis ces images à une cousine, qui les aurait ensuite publiées sans son accord. Elle aurait été appelée à se présenter à nouveau avant de subir une agression. Des mandats d’arrêt auraient été délivrés dans cette affaire, mais les personnes visées n’auraient pas encore été arrêtées. Ces éléments relèvent toutefois d’accusations rapportées et ne permettent pas d’attribuer les faits à l’ensemble des groupes armés présents dans le pays.
La disparition des quatre Salvadoriens s’inscrit dans cette situation sécuritaire fragmentée, où les identités des auteurs, les responsabilités entre groupes et le sort des disparus font encore l’objet de versions opposées.
Une présence internationale évoquée en Haïti
La présence de personnels venus de plusieurs pays en Haïti est présentée comme liée à une démarche internationale visant à lutter contre les gangs. Le Kenya est cité parmi les pays ayant déployé des effectifs. Des accusations sont également formulées contre ce contingent, mais elles ne sont pas étayées ici par des éléments permettant de les établir.
Selon les informations disponibles, les Nations unies et les États-Unis auraient envisagé ou soutenu l’envoi de personnels militaires de différents pays pour faire face aux groupes armés. Nayib Bukele aurait, pour sa part, exprimé la volonté d’intensifier l’action salvadorienne et demandé l’autorisation d’augmenter le nombre de militaires déployés en Haïti.
À ce stade, le point central demeure le sort des quatre Salvadoriens. Entre l’affirmation d’un chef de gang selon laquelle ils seraient morts, la présentation de corps récusée par San Salvador et la conviction des autorités qu’ils pourraient être otages, aucune conclusion définitive ne peut être tirée sur leur situation.
FAQ
Pourquoi les quatre Salvadoriens sont-ils recherchés ?
Ils ont disparu après une embuscade contre leur véhicule blindé. Les autorités salvadoriennes estiment qu’ils pourraient avoir été enlevés et retenus en otage.
Les quatre corps présentés ont-ils été identifiés comme ceux des Salvadoriens ?
Non. L’État salvadorien a rejeté cette identification, considérant que les caractéristiques de certains corps ne correspondaient pas aux personnes recherchées.
Que dit le chef de 400 Mawozo ?
Wilson Joseph nie l’implication de son groupe dans l’attaque, désigne un autre gang comme responsable et se dit disposé à coopérer avec Nayib Bukele.



