Guy Marius Sarr critique la présence de Diomaye au Kenya et interpelle la CEDEAO

Le député sénégalais conteste la participation présidentielle à un sommet à Nairobi et réclame davantage de transparence au sein de la CEDEAO.
Le député sénégalais Guy Marius Sarr a formulé de vives critiques à l’encontre de la participation du président Bassirou Diomaye Faye à un sommet organisé à Nairobi, au Kenya, en présence du président français Emmanuel Macron. Son intervention porte également sur le fonctionnement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la transparence de ses institutions et la situation du déminage humanitaire en Casamance.
Dans ses propos, Guy Marius Sarr développe une lecture politique très critique des relations entre la France et les pays africains. Il estime que les autorités sénégalaises doivent faire preuve d’une plus grande fermeté lorsque des pays voisins, notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, sont mis en cause publiquement.
Une critique de la séquence de Nairobi
Guy Marius Sarr conteste la présence du président sénégalais au sommet tenu à Nairobi. Il présente cet événement comme une opération destinée, selon lui, à améliorer l’image de l’influence française auprès des peuples africains.
Le député décrit cette démarche comme un « rebranding » de l’impérialisme français. Cette appréciation relève de sa position politique : il soutient que la France chercherait à modifier le regard porté sur elle par une partie des opinions publiques africaines.
Il reproche plus particulièrement au chef de l’État sénégalais de ne pas avoir réagi aux propos qu’il attribue à Emmanuel Macron au sujet du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Selon Guy Marius Sarr, un président africain ne devrait pas accepter que des États voisins soient critiqués par un dirigeant non africain en sa présence.
« On peut se dire des choses entre Africains, mais on ne doit pas accepter qu’un président de la République en dehors de l’Afrique dise du mal […] contre des voisins, contre nos frères et sœurs africains », affirme-t-il.
Pour le député, les divergences entre États africains doivent être discutées par les Africains eux-mêmes. Il considère que le Sénégal doit préserver une position de solidarité envers les pays de la sous-région, y compris dans un contexte marqué par des désaccords diplomatiques ou institutionnels.
Le symbole d’une rencontre sportive contesté
Guy Marius Sarr évoque aussi une séquence sportive associant plusieurs responsables présents au sommet. Il juge que ce type d’image ne doit pas être considéré comme anodin au regard de sa lecture des rapports historiques entre la France et l’Afrique.
Il affirme que l’impérialisme et le néocolonialisme ne doivent pas être banalisés. Dans son argumentaire, il relie cette position à l’histoire de l’esclavage et de la colonisation, ainsi qu’à plusieurs crises internationales contemporaines qu’il associe à l’impérialisme.
Ces déclarations traduisent une opposition de principe à ce qu’il perçoit comme une normalisation de l’influence française. Il estime ainsi que le président sénégalais ne devrait pas être associé à une initiative qu’il interprète comme une opération de communication politique.
Des accusations graves sur la transparence à la CEDEAO
Au-delà du sommet de Nairobi, Guy Marius Sarr interpelle le gouvernement sénégalais sur la gouvernance de la CEDEAO. Il affirme que les rapports d’audit annuels des institutions et agences de l’organisation ne seraient pas transmis aux peuples des États membres.
Il déclare également que, depuis la création du Parlement de la CEDEAO il y a 25 ans selon ses propos, cette institution n’aurait jamais reçu ces rapports d’audit annuels. Cette affirmation est formulée par le député et n’est accompagnée, dans son intervention, d’aucun document d’audit précis ni d’une réponse des institutions concernées.
Guy Marius Sarr considère que cette absence présumée de communication empêche tout contrôle démocratique sur l’utilisation des contributions versées par les États membres. Il rappelle que ces contributions proviennent, selon lui, des ressources publiques et donc des taxes acquittées par les populations.
Le député va plus loin en estimant que des rapports d’audit pourraient mettre en lumière des détournements, des recrutements clientélistes ou d’autres irrégularités. Il s’agit là encore d’accusations et d’une interprétation portées par Guy Marius Sarr. Il demande que cette situation cesse et que le Sénégal soulève formellement la question au sein de la CEDEAO.
Le déminage humanitaire en Casamance au cœur de l’interpellation
L’intervention aborde aussi la situation du déminage humanitaire en Casamance. Guy Marius Sarr demande au gouvernement de faire le point sur l’avancement des opérations, les conditions de travail des agents concernés et la situation financière de la structure chargée de cette mission.
Il affirme que des travailleurs du déminage seraient parfois confrontés à deux, trois ou quatre mois d’arriérés de salaire, voire davantage. Le député juge cette situation inacceptable compte tenu de la nature de leur mission.
Selon lui, le Centre national d’action antimines au Sénégal rencontre régulièrement des difficultés financières. Il demande donc des précisions sur la résolution éventuelle de ces contraintes budgétaires et sur les moyens réellement disponibles pour poursuivre le déminage humanitaire.
Guy Marius Sarr relie cette question à son appel en faveur d’un encadrement des fonds politiques. Son raisonnement est qu’un État ne devrait pas laisser des agents engagés dans une activité aussi sensible que le déminage attendre plusieurs mois pour percevoir leur rémunération.
Une demande de réponse politique et institutionnelle
L’ensemble de cette intervention repose sur une même exigence : davantage de cohérence dans la politique extérieure du Sénégal, de solidarité africaine et de transparence dans la gestion des organisations régionales.
Sur le volet diplomatique, Guy Marius Sarr appelle les autorités sénégalaises à prendre leurs distances avec ce qu’il considère comme des initiatives de valorisation de l’influence française. Sur le plan régional, il réclame que la question des rapports d’audit de la CEDEAO soit portée au niveau politique.
Enfin, sur le plan intérieur, il demande une réponse concrète concernant le financement du déminage en Casamance et le paiement des travailleurs. Ses propos constituent une interpellation directe du gouvernement sénégalais sur ces différents dossiers.
Questions fréquentes
Que reproche Guy Marius Sarr au président sénégalais au sujet du Kenya ?
Il critique sa participation à un sommet organisé à Nairobi en présence d’Emmanuel Macron. Le député estime que le président sénégalais n’aurait pas dû être associé à un événement qu’il présente comme une opération de communication en faveur de l’influence française.
Que demande-t-il à propos de la CEDEAO ?
Guy Marius Sarr réclame la transmission des rapports d’audit annuels des institutions et agences de la CEDEAO aux parlementaires et aux citoyens des États membres.
Quelle question soulève-t-il sur la Casamance ?
Il demande un état des lieux du déminage humanitaire, des conditions de travail des agents et des difficultés liées aux arriérés de salaire qu’il affirme avoir touché certains travailleurs.



